Quelle différence entre timidité et phobie sociale ? Et s’il existait un moyen de différencier les deux troubles ? En fait, il en existe un.

Il est possible d’observer certaines différences, qui, aussi fines soient-elles, nous permettent d’y voir plus clair. Découvrez donc :

  • La différence entre timidité et phobie sociale
  • 5 signes distinctifs des deux troubles
  • Comment savoir si vous souffrez de l’un deux

La différence entre timidité et phobie sociale

La timidité désigne le fait d’être réservé, en retrait, d’avoir du mal à s’affirmer et faire preuve d’assurance auprès des autres.

Qui ne s’est jamais sentir timide en société ? Ou n’a jamais eu du mal à exprimer sa véritable personnalité ? Mais d’un autre côté, il y a…

La phobie sociale désigne le fait d’avoir une peur irrationnelle d’être observé par les autres, d’être le centre de l’attention, et d’être évalué.

C’est un trouble anxieux sévère, qui nécessite un vrai travail sur soi, différent de celui du timide qui peut rester timide tout sa vie.

Ces troubles peuvent sembler similaires au premier abord, parce qu’ils traitent tout deux des interactions avec les autres et son empêchement.

Néanmoins, il existe des différences de fond entre les deux troubles. Quelle est donc la différence entre timidité et phobie sociale ?

Découvrez les 5 différences entre ces deux troubles, pour comprendre si vous souffrez peut-être de l’un ou de l’autre, ou d’aucun !

1 – La nature de la peur

Le premier signe de la différence entre timidité et phobie sociale est la nature de la peur. Et oui, les peurs ne sont pas les mêmes pour les deux.

Si vous souffrez de phobie sociale, les situations créant en vous un état d’anxiété, ne sont pas les mêmes que celles d’une personne timide.

Il existe plus de différences que ce l’on pourrait penser ! C’est d’abord la nature de nos peurs qui diffère lorsqu’on souffre par exemple de :

Phobie sociale

Trois peurs ont tendance à se retrouver lorsque l’on parle de phobie sociale, que l’on ne retrouve pas lorsqu’on parle de timidité. C’est la :

Peur d’être embarrassé

Avez-vous peur de vous ridiculisé en face des autres ? D’être jugé par eux ? C’est le jugement des autres qui fait peur et son impact sur nos émotions.

Il suffit parfois juste d’avoir peur que l’anxiété se voit, pour avoir peur d’être embarrassé ! Nous essayons alors par tous les moyens de la cacher.

La personne phobique peut avoir que son comportement soit vu et jugé par les autres négativement, ce qui serait évidemment embarrassant.

Peur d’être le centre de l’attention

Avez-vous également peur d’être le centre de l’attention ? D’être sous le feu des projecteurs ? Cette peur est très caractéristique de la phobie sociale !

Certains personnes aiment être sous le feu des projecteurs mais… Pas le phobique social, je peux vous le garantir ! Rien que d’y penser fait peur.

Si vous avez peur d’être le centre de l’attention et que les autres se concentrent sur vous, c’est un trait caractéristique de la phobie sociale.

Peur d’être observé par les autres

Avez-vous également très peur d’être observé ? Cette fameuse peur du regard des autres… Elle est particulièrement importante dans ce cas.

Peur d’être observé en mangeant, en écrivant, ou en performant des tâches quotidiennes… La peur d’être soumis au regard de l’autre est réelle.

La personne phobique a cette peur d’être observé, et je l’ai vécu ! Ce n’est pas facile… Ces peurs sont donc différentes de celles caractéristiques de la :

Timidité

Trois peurs ont tendance à se retrouver lorsque l’on parle de timidité, qui ne se retrouve pas forcément lorsqu’on parle de phobie sociale. C’est la :

Peur d’engager la conversation

Avez-vous peur d’engager la conversation ? Du mal à trouver des sujets de conversation également ? Le ou la timide peut se retrouver dans cela.

Les peurs du timide n’ont rien à voir avec les peurs du phobique social, car le timide a du mal à converser, mais pas forcément peur d’être jugé.

C’est la peur d’avoir de longues conversation, et la difficulté de les tenir également et de les faire durer. Mais il y a aussi d’autres caractéristiques !

Inhibition sociale

Etes-vous assez inhibé socialement ? Ressentez-vous quelque chose qui vous empêche de vous lancer ? C’est cette peur qui vous tire en arrière.

L’inhibition sociale, c’est le fait d’être de ne pas être 100% soi-même avec les autres, de se tenir un peu en retrait ou d’être en arrière-plan.

Le phobique social ne ressent pas la même peur, car c’est un blocage massif et non une simple inhibition : une différence peut-être fine.

Difficulté à créer des liens

Avez-vous des difficultés pour créer des liens ? Créer de nouvelles amitiés ? Parler à des personnes que l’on ne connaît pas est alors un challenge.

La personne timide se repose souvent sur les relations qu’elle possède déjà, comme des amis de longue date ou connaissances antérieures.

Créer de nouveaux liens avec de nouvelles personnes peut alors être complexe. Mais ces peurs sont différentes de celles du phobique social.

2 – L’intensité de la peur

Le deuxième signe de la différence entre timidité et phobie sociale est l’intensité de la peur ressentie. L’intensité n’est pas la même pour les deux.

Dans un cas, la peur est complètement bloquante est empêche d’avancer malgré l’envie de socialiser : pour la phobie sociale.

Dans l’autre cas, la peur inhibe et empêche sans être totalement opaque à une action : pour la timidité. Étudions tout de même les différences.

Intensité de la peur du phobique

Le phobique social a une peur irrationnelle d’être le sujet du jugement et du regard de l’autres : c’est pour cela que l’on parle de phobie sociale.

C’est une peur qui ne se contrôle pas, et qui est reconnue par la personne comment irrationnelle : il y a la conscience que cela n’est pas logique.

Pourtant, la peur demeure, même si le phobique social souhaiterait plus que tout s’en sortir, et créer du lien avec les autres.

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Intensité de la peur du timide

Le ou la timidité a une peur importante et inhibitrice, néanmoins l’intensité est moindre comparé à une phobie : il peut conserver ses amitiés.

Même si la peur l’empêche de créer de nouvelles amitiés, il peut néanmoins conserver ses anciennes de longue date sans grand souci.

Il peut toujours communiquer même s’il est inhibé, contrairement au phobique social dont la peur est complètement bloquante.

3 – Le niveau d’évitement

Le troisième signe de la différence entre timidité et phobie sociale est le niveau d’évitement. Pour la phobie sociale, il est beaucoup plus important.

Dans un cas, l’évitement est beaucoup important et systématique, justement parce que la peur est plus forte et généralisée à beaucoup de situations.

Dans l’autre cas, l’évitement n’est pas toujours présent, quand des personnes nous poussent à y aller, nous y allons. Il y a donc un :

Évitement persistant

Lorsqu’on est phobique social, notre conduite d’évitement est très marqué car la peur est importante et toutes nos peurs se mêlent.

Peur d’être observé, peur d’être évalué et soumis au regard des autres, etc… L’évitement semble donc au premier abord la solution pour fuir la peur.

Sauf, lorsque cela devient un comportement automatique ! Une habitude de fuir, qui demandera beaucoup d’efforts pour reprogrammer.

Évitement partiel

Lorsqu’on est timide, l’évitement des situations est plus parcellaire, il n’est pas systématique même si la timidité peut nous inhiber.

Il suffit qu’une personne de votre entourage vous pousse à vous lancer, pour que vous y alliez, contrairement à la phobie sociale.

Si vous êtes phobique social, même si quelqu’un vous pousse à vous rendre quelque part, le blocage sera plus important que cette personne.

Ou alors au prix d’efforts surhumains, vous irez dans cette situation, qui sera très difficile à gérer pour vous dû à l’absence d’évitement.

4 – L’effet sur le fonctionnement

Le quatrième signe de la différence entre timidité et phobie sociale est l’effet sur le fonctionnement quotidien, qui est plus important dans l’un.

Selon moi, la différence la plus fondamentale entre timidité et phobie sociale est la gravité des symptômes sur notre quotidien.

Une phobie sociale est bien plus handicapante qu’une timidité, qui peut parfois ne pas avoir d’impact lourd sur le fonctionnement quotidien.

Quotidien du phobique social

Vous verrez que le quotidien du phobique social, n’a rien à voir avec celui du timide ! Les blocages sont bien plus importants et persistants.

Même si la timidité peut également être maladive, ce qui se traduit en une inhibition sociale importante. A ne pas confondre avec la phobie sociale.

Souffrir de phobie sociale, c’est avoir une peur importante de l’évaluation, du regard des autres sur soi, et cela conduit donc à trois conséquences :

Souffrance quotidienne

Avoir peur d’être jugé, d’être évalué et observé, cela conduit à ressentir une souffrance particulièrement importante au quotidien.

Voir les autres faire ce que l’on ne peut pas faire, communiquer comme on ne peut plus faire… C’est en effet quelque chose de difficile !

D’autant plus que les interactions avec d’autres sont quotidiennes, donc la difficulté se fait importante chaque jour de la semaine.

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Difficultés sociales

Le quotidien d’un ou d’une phobique social, c’est aussi des difficultés sociales ciblées sur certaines habilités, différentes de celle du timide.

C’est la peur de regarder dans les yeux d’abord, puis la peur d’avoir à faire la conversation lorsqu’on est seul face à quelqu’un.

Les situations impliquant un jugement ou une évaluation deviennent alors beaucoup plus complexes lorsqu’on souffre de phobie sociale.

Blocages et évitements

Le quotidien d’un ou d’une phobique social, c’est aussi avoir de multiples blocages s’activant lorsque les situations sont propices.

Il suffit de se rendre dans un endroit avec beaucoup de monde, de devoir passer à l’oral devant un groupe de personne… Pour que tout s’emballe !

L’anxiété et le mal-être sont importants, ce qui nous conduit alors à éviter la situation si nous le pouvons, ou à l’affronter péniblement.

Quotidien du timide

Le quotidien du timide, n’a en effet que peu à voir avec le quotidien d’une personne souffrant de phobie sociale : les situations sont différentes.

Etre timide, c’est être inhibé socialement et avoir du mal à recréer du lien, mais aussi faire face à cela dans certaines situations, et non la totalité.

Certaines personnes ne sont timides qu’en présence de personnes nouvelles, et d’autres sont timides avec tout le monde. Il y a donc un :

Malaise plus ou moins important

Souffrez-vous d’une timidité légère, ou d’une timidité maladive ? Ce ne sont en effet pas les mêmes troubles, ni le même niveau de difficulté !

Le malaise sera plus important si votre timidité est maladive, car vous aurez à faire face à votre malaise de façon quotidienne.

Si par contre votre timidité est modérée, alors l’impact que cela aura sur votre quotidien sera moindre, car le malaise ressentir sera limité.

Amitiés stables

Au niveau des amitiés, l’une des particularités du timide, est qu’il peut souvent conserver des amitiés stables au fil des années.

Avez-vous des amis d’enfance par exemple ? Ou des amis de longue date ? Si les nouvelles amitiés sont complexes, les anciennes peuvent rester stables.

Dans le cas de la phobie sociale, ce sont la totalité des interactions qui sont compromises, même si celles avec l’entourage peuvent être facilitées.

Difficultés à conserver le lien

Le quotidien du timide, c’est aussi cette difficulté à créer du lien, mais aussi à le conserver. Face la conversation et trouver des points d’accroche ?

Ce n’est évidemment pas facile, si l’on a dû mal à être soi-même avec les autres ! D’où le fameux terme « d’inhibition » sociale.

Il faut donc faire face à cette difficulté, et essayer de créer de nouveaux liens avec de nouvelles personnes, même si cela semble « contre-nature ».

5 – Les traits de personnalité

Le cinquième signe de la différence entre timidité et phobie sociale est l’ancrage, ou non, dans votre personnalité. Est-ce vraiment qui vous êtes ?

Souffrir de phobie sociale par exemple, cela ne veut pas dire que c’est dans votre personnalité : la peur est également un apprentissage.

Souffrir de timidité à l’inverse, peut être en quelque sorte ancré dans votre personnalité : l’inhibition est alors une caractéristique stable.

Personnalité du phobique social

L’un des traits que l’on oublie souvent d’aborder, est la sociabilité du phobique social, c’est-à-dire la volonté de créer de nouvelles relations.

Même si le blocage est présent, cela ne veut pas dire que la volonté de communiquer est absente. Et c’est l’une des caractéristique.

On peut être phobique social, mais vouloir cultiver des amitiés de qualité, de meilleures compétences sociales. Trois éléments se retrouvent souvent :

Vouloir créer du lien

L’une des caractéristique de la phobie sociale, est la volonté pourtant forte de créer du lien avec les autres. Et oui, phobie ne veut pas dire pas envie !

C’est justement nos blocages qui bloquent notre avancée sociale, mais dans l’idéal, on aimerait tous et toutes pouvoir créer du lien.

C’est souvent lorsque l’on ne peut pas communiquer, que l’on donne d’ailleurs encore plus de valeur au lien avec les autres.

Affronter des blocages massifs

Souffrir de phobie sociale, c’est donc se trouver entre le désir de communiquer, et les blocages qui nous empêchent de le faire…

Pas facile ! Avoir de regarder dans les yeux, d’être évalué, d’être jugé négativement… Cela ne facilite pas les relations sociales !

D’où l’affrontement avec des blocages massifs, pour ce qui est de devoir communiquer avec les autres : un grand travail à mener.

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Subir une peur importante

La phobie sociale, c’est aussi une importante au quotidien, qui rythme nos interactions sociales : les lieux où l’on va, les situations choisies…

Nos choix de situations ont tendance à dépendre de l’anxiété que l’on ressent à cet instant-là, ce qui n’est pas facile à gérer en présence d’autrui.

C’est cette peur importante qui bloque le fait de pouvoir rester en présence d’autrui et communiquer, notamment affronter le regard des autres.

Personnalité du timide

La timidité est plus ancrée dans la personnalité que ce que l’on pourrait penser, contrairement par exemple à la phobie sociale.

C’est aussi une volonté de créer du lien différente, puisque l’objectif est surtout de le conserver, puisqu’en recréer n’est pas possible.

Le désir de créer de nouvelles amitiés peut être laissé de côté, dû au fait de s’être habitué à la situation d’inhibition sociale. Trois éléments donc :

Vouloir créer du lien

Souffrir de timidité, c’est également vouloir créer du lien : c’est souvent lorsque l’on a un obstacle, qu’on souhaite à tout prix le dépasser !

La personne timide souhaiterait également créer du lien et s’améliorer socialement, sortir de ses blocages, mais ce n’est pas facile.

Elle se résigne donc parfois, souhaitant ainsi conserver les amitiés qu’elle possède comme les amitiés de longue date.

Avoir un tempérament timide

La timidité, c’est aussi un tempérament, un trait de personnalité, contrairement à la phobie sociale qui s’est développée.

Etes-vous timide depuis plusieurs années ? Voire même depuis votre enfance ? Si oui, alors cela fait peut-être parti d’un tempérament.

Le tout est de savoir ce que vous souhaitez : remplacer ce trait de personnalité par de l’assurance, ou conserver cette timidité.

Laisser la peur bloquer l’action

Souffrir de timidité, c’est aussi avoir une appréhension et une difficulté à se lancer telle, qu’elle conduit souvent à totalement bloquer l’action.

Certaines personnes peuvent nous aider à nous lancer, cependant, elles ne peuvent pas être là constamment pour nous porter.

Il est donc beaucoup plus complexe de se lancer par soi-même, qu’accompagné de ses proches que l’on connaît.

Voici donc pour les différences les plus notables entre timidité et phobie sociale, j’espère que cela vous aura éclairé, et aidé à avancer !


Vous en avez ainsi appris plus sur la différence entre timidité et phobie sociale, au travers des 5 caractéristiques spécifiques des deux troubles.

Si vous souhaitez avancer d’autant plus et sortir de votre anxiété, voici un guide offert pour vous y aider, disponible juste ici. Bien à vous, Ambre.